Today, visite du Salon du Livre à la porte de Versailles :

En dépit du gros effort (réussi) de présentation et d’agencement de l’espace, la gestion des visiteurs est relativement ‘flemmarde’ : hormis pour les étudiants, le tarif est de 7e par jour, et toute sortie est définitive, même pour les fumeurs.  Aussi frustrant qu’à la nouvelle Flèche d’Or. Sans parler des partenaires-repas assez chers.

Mais je m’arrête là pour les critiques, car le reste n’est qu’émerveillement et surprises : c’était Noël aujourd’hui..!

ebook09

L’objet du désir étant les e-books, c’est la première chose que l’on a cherché : enfermés sous des bulles pour la présentation, il était toutefois possible de demander à les manipuler.  Tout d’abord, j’ai été très surprise par le confort de lecture, rien à voir avec la lecture sur écran LCD. Sans luminosité, moins agressives,  les lettres sont agréables à l’oeil.  Seul regret : la pauvreté des typographies.

Econome en énergie, léger et permettant de nombreuses formes de découpes, le papier électronique peut se composer deux façons :

- l’encre électronique : elle est composé de micro-capsules blanches chargée positivement, et de micro-capsules noires chargées négativement, le tout dans une couche de polymère liquide. Une simple impulsion de polarisation permet de changer la couleur : par exemple, si un champ electrique positif est approché de la micro-capsule, les particules noires ( chargées négativement), vont partir à l’opposé de la capsule. L’oeil humain percevra donc un espace blanc.

- les cristaux liquides bistables : les capsules disparaissent au profit d’un cristal liquide stable qui peut prendre 2 positions : twisted et uniform. Selon le signal electrique, il aura une de ces deux positions et l’image s’en trouvera modifiée. Le principal constructeur de ce LCD bistable est français, et vous pouvez avoir plus de renseignements sur leur site > Nemoptic

Ici une video de l’emission Technotidien d’ il y a un peu de plus d’un an, mais qui reprend l’explication de l’encre électronique.

Les arguments commerciaux et les questionnements autour de la réelle utilité d’un tel objet ont bien sûr été évoqués au cours des conférences données au Salon. Parmi les points intéressants qui ont été émis dans les débat, j’ai relevé ceux-çi :
  • C’est tout de même fascinant de voir autant d’efforts de recherche technologique en encre électronique, pour arriver au même résultat que le vrai papier…qui existe déjà, et dont le succès est toujours intact depuis son importation de  Samarkand en 751.
  • Le e-book ne connaitra pas la même envergure d’adaptation que le Ipod, pour la bonne raison que la musique, auditive par essence, est déjà immatérielle dans sa consommation, alors que la lecture mobilise les sens visuels. Par contre, les images, comme la BD ou le manga, ont peut-être un avenir dans ce type de support.
  • Il est urgent et vital de stabiliser la base juridique de ce type d’utilisation et de diffusion des livres ( avec des projets de lois moins liberticide que Hadopi, bien sur)
  • Arrêter de dire à tous vents que la lecture sur écran et désagréable et inconfortable : vous avez déjà calculé le nombre d’heures que vous passez par jour, devant cet écran qui vous permet de lire mon biblioblog, entre votre traitement de texte, web, twitts,  mails, films, musique etc ..?
Mais en fait, le livre numérique, bien que présent à travers de nombreuses conférences, ne battait pas la profusion et l’incroyable diversité des maisons d’éditions, indépendantes ou pas. Quelle richesse de créativité ! Quelle quantité de livres ! Qu’on ne sonne pas d’alarmes après sur les faillites des maisons d’éditions : le livre traditionnel n’a pas encore usé toutes ses cartouches d’innovation et d’imagination.
Cette journée était surtout axée sur le numérique, mais j’essayerai d’y retourner lundi ou mardi, pour focaliser un peu plus sur les maisons d’éditions et de presse spécialisées.
Surprises-bonus : on a pu croiser le chemin de quelques VIP présents au Salon, notamment José Bové, Antoine de Maximy ( « J’irais dormir chez vous »), les rédacteurs du journal Le Tigre – Curieux magazine curieux ( j’en suis une abonnée-adepte), Frédéric Taddeï ( »D’art d’art »), et surtout en guest-star ( ne me demandez pas ce qu’il faisait là)… Bob l’Eponge ! !!

Mais la trouvaille du jour reste quand même cette rencontre de Chloestch et Nietzschy ! Quel bô sac  ..! (N’est-ce pas, Mister Iceberg..?)

nietzschebag

MAJ du 18/03/09 :

Une présentation d’un livre sur l’histoire du e-book “Une courte histoire de l’e-book” par Marie Lebert de l’Université de Toronto, sur le blog de Stéphane Wattier

MAJ du 30/03/09 :

Une article extrêmement complet sur l’e-book et les principaux acteurs du débat : connaitra t-il le même sort que la presse ? par Fabrice Epelboin


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Comments ( 3 )

Je vois que tu as passé un bon salon du Livre alors. Merci pour cette explication de l’encre électronique, même si je suis sur de ne pas passer à l’ebook de sitôt : la lecture sur la plage n’est pas encore très facile avec ces gadgets ^^

Damien a ajouté ces mots le mar 15 09 at 14 h 51 min

Excellent ce compte-rendu, comme si on y était ;-) Toute cette technologie pour arriver au même résultat que le papier ? C’est normal, on se raccroche à ses repères ;-) Mais la grosse différence tout de même, c’est la capacité de stockage et surtout l’hypertexte. C’est clairement l’avenir (proche) ces petits engins.
Merci encore !

stephane wattier a ajouté ces mots le mar 19 09 at 4 h 24 min

Au risque d’être réac j’avoue que le papier pour l’instant ça me va bien ;)

Bel article cependant, j’ai tout saisi!

dyns a ajouté ces mots le mar 19 09 at 16 h 33 min

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