L’article de Jen (Basket & Minijupe) attire notre attention sur un debat très en vogue sur le web ces temps-çi : l’identité face aux developpements numériques. J’ai eu envie de réagir sur plusieurs points :
D’abord par rapport à la multiplication des écrans et la constante disponibilité : l’article de Télérama analysé par Jennifer, nous montre que c’est déjà plutot bien intégré dans les moeurs en général. Bien sûr, le nombre de pc et de connectivités dans les foyers a explosé en très peu de temps (par rapport à d’autres technologies du 20e siècle). Mais cela est plus lié à l’offre numérique,dopée au marketing, qu’une réelle modification. Comme on l’a vu en cours, « qui adopte, adapte »…Nous nous sommes juste approprié une technologie qui était efficace, et qui nous étaient de plus en plus facilement accessible ( il y a un an je prenais une box pour l’adsl et le telephone fixe, et aujourd’hui pour le même prix, j’ai la même chose mais sur mon portable, donc accessible tout le temps)Cette multiplication n’est à mon sens pas la partie la plus impressionante du phenomène.
Je rejoins son article à propos des décalages nouveaux entre vie réelle et écrans , et les quiproquos occasionés…
Et la question de l’identité numérique, et donc de rapports sociaux en dehors de la structure familiale « réelle » (notamment les rencontres amicales ou amoureuses, comme l’a montré Jennifer) amène beaucoup de débats :
Lorsque je travaillais à la Bibliothèque des Champs Libres, je suis tombée sur une interview du Directeur des Cnil, encore dans un Télérama du 17 septembre 2008. M. Alex Türk, président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, y critiquait le reflexe de googlelisation de leurs (futurs) employés par les chefs d’entreprises. Selon lui, on ne devrait pas avoir le droit de discriminer quelqu’un, parce qu’il fait la fête, boit, fume, aime tel ou tel choses…Certes, cela peut paraître intolerable d’un premier abord, de ne pas engager quelqu’un parce qu’on a vu une photo un peu ethylique de lui sur son compte facebook. Mais pourtant il faut bien constater que les règles sociales sur le net, sont les mêmes que IRL. Quand on est amené à conduire des responsabilités, le contrôle de son image et de sa réputation est essentiel pour être crédible.
Toutefois, même si des excès en matière d’emploi ont peut-être été répertorié, je pense qu’il faut prendre conscience de la persistance d’une réputation sur le web et que c’est à chacun de faire attention à ce qu’il diffuse sur le web, à ne pas mettre n’importe quelle photos etc…Ok, le partage des informations et la construction d’une aura de « coolitude » sur les réseaux sociaux est un droit, mais il ne faut pas reprocher nos employeurs, clients, et associés d’empiéter sur ce droit d’expression, et de le censurer, si on met du contenu comprettant sous leurs yeux de notre plein gré…
Mais alors, sera-t-on un jour amenés à cacher sa vraie personnalité sur le web, dont le succès est en bonne partie dû justement à cette forme de participation et d’émancipation individuelle?
D’après l’avocat Olivier Iteanu (L’identité numérique en question), «l’identité évolue entre des mains invisibles et sans socle de référence». Cette citation rassurante nous ramène du coté des blogs, des forums, et des sites perso, qui nous permettent de mettre en avant nos identités et nos opinions, puisqu’ils sont mouvants, évoluant au fil des thèmes, réactifs.
Comme l’a fait remarquer Pete Blackshaw : « Intimacy touches emotion; emotion powers conversation. »
Dans ces espaces il est autorisé et encouragé de faire partager ses idées, ses conseils, et surtout de se développer une identité propre à soi. A l’abri derrière un pseudo, ou sous son vrai nom, le résultat est à peu près le même : on écrit pour un instant donné, sur un sujet donné. On peut se livrer sans le souci de la réputation. Il y a un aspect d’instantanéité inhérent à l’identité numérique : peut importe l’anonymat ou la célébrité d’un blog, nous avons toujours la possibilité (et nous le faisons toujours) de contrôler et de ne livrer qu’une identification partielle de nos personnalités.
Je dis « nos personnalités » : sans pour autant virer dans la schizophrénie, il faut bien admettre qu’aujourd’hui les technologies de communication et d’information sont autant de portes vers nos multiples centres d’intérêts distincts. La frontière entre culture légitime et illégitime est aisément effacée sur le web.
Par exemple, lors de l’ouverture de ce blog, j’ai été partagé quant à son thème : quelle facette vais-je pouvoir montrer? Laquelle sera la plus pertinente? Vous trouveriez ça cohérent un blog de bibliothécaire-veilleuse-militaire-étudiante-stagiaire-musicienne-historienne-dessinatrice…? Non bien sûr, cela n’existe pas…
Certains parlent alors du concept de l’identité globale, autrement dit, une identité partielle qui correspondrait aux exigences intrinsèques des réseaux sociaux…Mais là nous entrons sur des terres plus hasardeuses, dont je garde l’exploration pour un prochain post!
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Comments ( 1 Comment )
[...] Identité numérique [...]
Liens du 02/02/2009 - Les identités numériques a ajouté ces mots le fév 04 09 at 11 h 59 min


